A propos

[Interview] : S-Team Records (Tracklist #06, juillet 2002)

Publié le 24 juin 2011 par Nico

Après deux mix-tapes bien accueillies par le public et les médias ("1001 raisons" et "Le beat, le flow, les mots"), le jeune label parisien S-Team Records s’attaque à un nouveau projet : une série de maxis vinyls deux titres où pas loin d’une dizaine de rappeurs aussi bien confirmés qu’en devenir se croisent sur des instrus concoctés par les producteurs maisons. Présentation d’une équipe atypique…

A l’initiative de la structure :  DJ Five, animateur depuis cinq ans de "Réveil Hip Hop" sur la radio parisienne Radio Libertaire (89.4 FM). Des années durant, des dizaines de groupes vont défiler dans son émission et profiter du relais qu’il leur propose pour faire connaître leur talent et leur identité. C’est cette idée de "plate-forme relais" qui l’anime quand il décide de mettre en place l’association loi 1901 qui sert de base à S-Team Records. Rejoint par DJ C’Kel, Aïckone (Sakage Kronik), Bérénice et 12K-Ra, le label peut réellement prendre son envol.

Comme premières pierres à l’édifice, les mix-tapes "1001 raisons" (réalisée par DJ Five et DJ C’Kel) et "Le beat, le flow, les mots" de Sakage Kronik sortis en 2001 qui ont connu un bon succès, et pas seulement d’estime, en région parisienne mais aussi en Province et à l’étranger (notamment en Suisse). Un départ classique pour un label indépendant mais heureusement, S-Team peut s’appuyer sur une démarche originale qui devrait faire émerger la structure de la masse de ses congénères.

En quoi S-Team se démarque-t-il des autres labels indépendants ? D’une part parce que c’est la passion qui fait avancer le staff du label. Rien d’original à cela me direz-vous, tous prétendent la même chose. Seulement là, ce côté passionnel se traduit par une volonté de ne rechercher que l’estime de leurs pairs, de n’aspirer qu’à une reconnaissance artistique, l’aspect pécuniaire n’étant envisagé que sous un angle de réinvestissement afin d’assouvir cet amour qu’ils nourrissent pour le Hip Hop. D’autre part, le label n’est pas envisagé a priori comme un support pour un artiste en particulier mais, comme c’est le cas pour les émissions de "Réveil Hip Hop", comme un parrainage, le label se faisant l’instrument de la diffusion d’artistes dont ils apprécient les qualités rapologiques et la vision du Hip Hop. Cette position si particulière consistant à ne pas signer d’artiste s’explique par le fait que S-Team n’a pas pour but de vivre de sa petite entreprise, la passion et le business faisant rarement bon ménage sur le long terme. Gérer la carrière d’un MC implique de s’y investir à plein temps, de jongler avec l’ego de celui-ci et impose une certaine garantie de résultat que S-Team Records n’a pas envie de s’imposer.

Leur projet à court terme : sortir un série de quatre ou cinq maxis vinyl où des artistes confirmés viendront prêter main forte à des challengers plein de talents sur des prods maison assurées par DJ Five ou Aïckone. Ainsi la ligne de conduite que s’impose le label est respectée : les producteurs maison se mettent au service des artistes qu’ils apprécient afin d’imposer leur couleur de son. Pour le premier de la série, on retrouve DJ Five à la prod des deux titres (avec des arrangements d’Aïckone) avec d’un côté Nakk, les 10, Brasco (Apothéose) et le challenger Opium, de l’autre Part 2 Djaka (M Group), Fredy K et L.Di Kick (LHF), Exel (Prestige Music) et en guise de grand en devenir Aïckone (Sakage Kronik). Côté prod, le label cherche à se tenir éloigné de l’actuelle vague électro qui fait rage au sein du microcosme rap français tout en gardant un son accessible, dynamique et surtout original.

La locomotive est définitivement lancée et derrière le maxi, les projets se bousculent : Aïckone travaille actuellement sur le volume 2 de la mix-tape "Le beat, le flow, les mots", le site du label (www.steamrecords.com) devrait être mis à jour et présenter toutes les activités de S-Team Records (des infos sur les sorties du label, des chroniques des maxis achetés par DJ Five, des freestyles et des interviews des groupes invités à l’émission "Réveil Hip Hop", des videos et des photos des sessions studios…), etc…

 Souhaitons leur bonne chance, les vrais passionnés à l’esprit positif se font malheureusement de plus en plus rares.

 

Victor Von Fatalis